Cybersécurité en RDC : MALKA, l’un des jeunes profils qui s'impose dans le paysage numérique congolais.
Face à la multiplication des usages numériques et aux risques qui les accompagnent, une nouvelle génération de Congolais s’intéresse à la protection des systèmes informatiques. Parmi eux, Exauce Malumba Kalala, connu sous le nom de MALKA.
La transformation numérique de la République démocratique du Congo ne se limite plus à l’accès à Internet ou à la multiplication des plateformes. Entreprises, institutions et entrepreneurs développent progressivement leurs activités en ligne, faisant de la sécurité des données et des systèmes informatiques un enjeu de plus en plus important.
Pourtant, derrière cette évolution se pose une question essentielle : disposons-nous de suffisamment de compétences locales pour protéger ce que nous construisons ?
La RDC a notamment adopté une Stratégie nationale de cybersécurité, articulée autour de sept axes, dont le développement des compétences, la protection des données et la gestion des risques numériques. Un cadre qui rappelle que la sécurité doit accompagner le développement technologique.
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C’est dans cet environnement que s’inscrit le parcours de MALKA, de son vrai nom Exauce Malumba Kalala, jeune développeur congolais qui évolue depuis plusieurs années dans le numérique, avec un intérêt particulier pour la cybersécurité.
De la création de solutions à la recherche de vulnérabilités
Son approche repose sur une combinaison de compétences : développement web full-stack, sécurité informatique, intelligence artificielle et conception de produits numériques.
Cette double connaissance de la création et de la sécurité lui permet notamment d’aborder les applications non seulement comme des produits à développer, mais également comme des systèmes dont il faut identifier et réduire les faiblesses.
Au cours d’un audit de sécurité autorisé pour une entreprise opérant dans le secteur du CRM, il a notamment démontré l’impact d’une vulnérabilité permettant d’atteindre plus de vingt comptes WhatsApp dans le périmètre de test.
Son parcours comprend également des signalements de vulnérabilités auprès de Chariow, plateforme spécialisée dans le commerce numérique. Plus de trois failles ont ainsi été identifiées et documentées dans le cadre de ses travaux, dont certaines ont fait l’objet d’une collaboration avec l’entreprise.
Ces expériences illustrent une dimension importante de la cybersécurité : au-delà de la découverte d’une faille, il faut être capable d’en comprendre les conséquences, de la documenter et d’accompagner sa correction.
Une génération qui ne veut plus choisir entre développer et sécuriser
MALKA ne limite pas son activité aux audits de sécurité. Il intervient également dans la conception de produits numériques.
Il a notamment contribué au développement de Kotaa et travaillé sur l’interface frontend de Baziks Media, tout en développant ses propres projets autour des applications web, des solutions SaaS et de l’intelligence artificielle.
Cette polyvalence reflète une évolution des métiers du numérique : les compétences en développement, en automatisation et en sécurité deviennent de plus en plus complémentaires.
Formé notamment à travers Cisco Networking Academy, où il a obtenu une certification en introduction à la cybersécurité, et le parcours Junior Penetration Tester de TryHackMe, il poursuit également des études en informatique à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA).
Pour cette nouvelle génération, l’enjeu n’est plus uniquement de savoir créer une application ou lancer une plateforme. Il consiste aussi à comprendre les risques auxquels ces solutions exposent leurs utilisateurs.
La cybersécurité congolaise a aussi besoin de ses jeunes talents
Les cybermenaces ne concernent pas uniquement les banques ou les grandes institutions. Les PME, les plateformes de commerce, les startups et les services publics sont également concernés.
Le développement d’un écosystème numérique fiable suppose donc davantage de sensibilisation, de formation et de collaboration entre les entreprises et les professionnels de la sécurité.
Des profils comme MALKA illustrent cette possibilité : celle d’une jeunesse qui ne se contente pas de consommer les technologies, mais cherche aussi à les concevoir, à les examiner et à contribuer à leur sécurisation.
La question reste désormais celle de la valorisation de ces compétences locales. Comment permettre à davantage de jeunes spécialistes de participer à la protection des entreprises et des infrastructures numériques congolaises ?
Car l’avenir numérique de la RDC ne dépendra pas seulement de sa capacité à adopter les nouvelles technologies, mais aussi de sa capacité à former et à faire confiance à ceux qui sauront les protéger.
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