Tshisekedi sollicite Poutine pour la paix dans l’Est de la RDC : un nouveau levier diplomatique pour Kinshasa ?
À Moscou, Félix Tshisekedi a sollicité l’appui diplomatique de Vladimir Poutine pour favoriser la paix dans l’Est de la RDC et soutenir l’application des résolutions de l’ONU.
Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi, cherche à élargir le soutien international aux efforts de paix dans l’Est du pays. Reçu par son homologue russe Vladimir Poutine, vendredi 30 octobre 2026, au Kremlin, à Moscou, le chef de l’État congolais a appelé la Russie à s’impliquer davantage dans la recherche d’une solution à la crise sécuritaire qui persiste dans les provinces orientales de la RDC.
« Nous voulons absolument que la Russie, qui est un membre des P5, puisse nous accompagner justement dans la recherche de la paix », a déclaré Félix Tshisekedi. Cette demande s’appuie notamment sur la position particulière de Moscou au Conseil de sécurité des Nations unies, dont il est l’un des cinq membres permanents.
Des processus de paix qui peinent à produire des résultats
Cette démarche intervient alors que les initiatives diplomatiques engagées pour mettre fin aux affrontements n’ont pas encore permis de stabiliser durablement la situation sur le terrain. Les processus de Washington, soutenu par les États-Unis, et de Doha, mené sous médiation qatarienne entre Kinshasa et l’AFC/M23, constituent deux cadres importants des négociations en cours.
Lors de ses échanges avec Vladimir Poutine, Félix Tshisekedi a déploré le manque de résultats concrets de ces démarches. Il a également demandé à Moscou de soutenir l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février 2025. Ce texte exige notamment la cessation des hostilités, le retrait du M23 des zones occupées et la fin du soutien militaire rwandais à ce mouvement, ainsi que le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Kinshasa accuse Kigali de soutenir l’AFC/M23, ce que les autorités rwandaises contestent. La persistance des combats et les divergences entre les parties continuent de compliquer la mise en œuvre des engagements diplomatiques.
Pourquoi le soutien de Moscou compte
L’intérêt de la démarche congolaise tient en partie au statut de la Russie au sein du Conseil de sécurité. En tant que membre permanent, Moscou participe aux décisions concernant les résolutions, les sanctions et les mandats des opérations de maintien de la paix des Nations unies.
Félix Tshisekedi a également sollicité le soutien russe au renouvellement du mandat de la MONUSCO, dont l’échéance est fixée au 20 décembre 2026. Cette demande place la coopération diplomatique entre Kinshasa et Moscou au-delà de la seule question du conflit avec l’AFC/M23.
Toutefois, le soutien politique d’une puissance internationale ne garantit pas, à lui seul, une évolution sur le terrain. Son efficacité dépendra notamment des positions défendues par Moscou au Conseil de sécurité, de la coordination avec les autres médiateurs et de la volonté des parties concernées d’appliquer les engagements pris.
Un rapprochement sans alignement affiché
Au-delà de la sécurité, la rencontre entre les deux dirigeants s’inscrit dans une volonté de renforcer les relations bilatérales entre la RDC et la Russie. Les échanges ont également porté sur les perspectives de coopération économique, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et de la transformation locale des ressources naturelles.
Le président congolais présente cette ouverture comme une politique de diversification des partenariats internationaux. Kinshasa cherche ainsi à multiplier les interlocuteurs susceptibles de contribuer à ses objectifs diplomatiques et économiques, sans annoncer un abandon de ses relations avec les États-Unis ou les autres partenaires engagés dans les initiatives de paix.
La question reste de savoir dans quelle mesure cette ouverture vers Moscou pourra compléter les démarches déjà engagées à Washington et à Doha. Pour la RDC, l’enjeu est de transformer les soutiens diplomatiques en avancées vérifiables : une réduction des combats, une meilleure protection des civils et le rétablissement durable de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.
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