Des gilets jaunes au retour inattendu, des lycéens mobilisés depuis un mois, des étudiants, des militants du climat, des syndicalistes et même des agriculteurs : samedi 17 octobre, la colère sociale a convergé dans la rue partout en France. Contre la vie chère, la dégradation des services publics et les difficultés de la jeunesse, des cortèges ont défilé dans de nombreuses villes, avec des débordements en marge.
Un bilan chiffré contesté
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé 550 000 manifestants sur l'ensemble du territoire. Les organisateurs en revendiquent 800 000. Un écart habituel entre les deux décomptes, qui confirme néanmoins l'ampleur d'une journée dont l'issue était incertaine. À la veille du rendez-vous, Beauvau attendait environ 250 actions et 80 cortèges.
À Paris, la principale manifestation s'est élancée à l'heure prévue, à 14 h 30, de la place de la République vers la place de Clichy, malgré des affrontements aux abords du point de départ. La préfecture de police avait autorisé ce parcours.
Des revendications qui s'additionnent
Né d'appels relayés sur les réseaux sociaux par d'anciens Gilets jaunes, le mouvement a vu ses revendications s'élargir : prix des carburants, coût de la vie, salaires, services publics, mais aussi fonctionnement démocratique. Les lycéens et étudiants, engagés depuis la rentrée, ont voulu prolonger leur mobilisation. Le 6 octobre, la journée d'action des lycéens avait déjà rassemblé 480 000 manifestants selon les syndicats, 161 500 selon le gouvernement.
Débordements et interpellations
La journée a été émaillée de violences dans plusieurs villes. Selon les médias, au moins 1 200 interpellations ont été recensées. Laurent Nuñez avait dit redouter des dégradations commises par l'ultragauche en marge des cortèges, évoquant un recours possible aux grenades lacrymogènes et aux lanceurs de balles de défense en cas d'émeutes.
Le maintien de l'ordre est déjà au cœur du débat politique. Le 7 octobre, devant les députés, le ministre avait défendu la « proportionnalité » de la réponse des forces de l'ordre face au mouvement lycéen, en réfutant toute répression policière.
Quelle suite ?
Reste à savoir si cette mobilisation, hétérogène par nature, parviendra à s'inscrire dans la durée et à obtenir des réponses du gouvernement. Les organisateurs n'ont pas encore dévoilé la suite de leur calendrier.
