À onze jours du second tour, Luiz Inácio Lula da Silva tient enfin l'une de ses grandes promesses. Mercredi 14 octobre, le Parlement brésilien a définitivement adopté une réforme constitutionnelle qui réduit la durée hebdomadaire du travail et permet à de nombreux salariés de bénéficier de deux jours de repos par semaine.
Un vote massif au Sénat
Le texte a été approuvé par 75 voix contre une au Sénat. Il avait déjà été validé par la Chambre des députés en mai. La réforme ramène la durée légale du travail de 44 à 40 heures par semaine. Elle met aussi fin, pour beaucoup de travailleurs, au système dit « 6x1 », très répandu dans le commerce et les services : six jours travaillés pour un seul jour de repos.
Le rapporteur du texte au Sénat, Omar Aziz (PSD, centre-gauche), y voit la plus grande victoire des travailleurs brésiliens depuis la Constitution de 1988. Lula, ancien syndicaliste, a salué dans une vidéo un mouvement « né dans la rue ». La réduction du temps de travail figurait parmi les principaux mots d'ordre des grandes manifestations pro-Lula organisées ces derniers jours dans plusieurs métropoles du pays.
Flavio Bolsonaro change de cap
Le vote a aussi été marqué par le revirement de Flavio Bolsonaro. Le sénateur conservateur avait d'abord jugé le projet opportuniste. Le camp conservateur défendait une autre option : laisser chaque salarié négocier son temps de travail avec son employeur. Mais le candidat a finalement voté pour, estimant que la majorité des travailleurs souhaitent la fin du 6x1.
Lula ne s'y est pas trompé. Le président de 80 ans a dénoncé un vote dicté par l'opportunisme électoral et appelé ses partisans à rester vigilants.
Un scrutin qui s'annonce serré
L'enjeu est de taille pour le chef de l'État sortant. Au premier tour, le 4 octobre, il a recueilli 45 % des voix, contre 47 % pour Flavio Bolsonaro, fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Selon un sondage Quaest publié mercredi, le sénateur conservateur reste devant, avec 46 % des intentions de vote contre 44 % pour Lula. L'écart se situe dans la marge d'erreur de deux points.
Pendant la campagne, Flavio Bolsonaro a proposé un plan de réduction des dépenses publiques inspiré des politiques du président argentin Javier Milei.
Une application sur 14 mois
La réforme sera mise en œuvre progressivement au cours des 14 prochains mois. Un sénateur de la majorité, Veneziano Vital do Rêgo, a prévenu qu'elle ne resterait d'actualité l'an prochain qu'avec un gouvernement réellement engagé sur les questions sociales.
Reste à savoir si cette victoire parlementaire suffira à convaincre les électeurs. Réponse le 25 octobre.
