Une nuit plus calme, et un pari que le gouvernement entend poursuivre. Mardi 20 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que les couvre-feux instaurés dans plusieurs villes après les violences du week-end avaient « contribué au calme de cette nuit ». Il a annoncé que de nouvelles mesures seraient décidées ce mardi soir, là où la situation l'exigerait.
« Des couvre-feux ciblés »
Dans un message publié sur X, le chef du gouvernement a remercié les policiers et les gendarmes, ainsi que les préfets, mobilisés pour l'application des mesures. Les décisions reviennent aux préfets, en lien avec les maires. Les couvre-feux sont ciblés et partiels, une formule que Sébastien Lecornu avait défendue lundi comme plus adaptée que des restrictions généralisées.
Une première nuit sous couvre-feu
Pour la nuit de lundi à mardi, des couvre-feux avaient été décidés dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon et Lille. À Paris, la mesure s'appliquait à partir de 23 heures dans certains quartiers, jusqu'à 6 heures du matin. À Lille, l'hypercentre était concerné de 21 heures à 6 heures. Matignon avait aussi annoncé des dispositifs dans d'autres villes du Nord.
Ces décisions faisaient suite aux violences et aux pillages survenus en marge des manifestations de samedi, qui ont réuni des lycéens et des citoyens exprimant leur mécontentement face à la vie chère. Entre 550 000 et 800 000 personnes ont défilé ce jour-là, selon le ministère de l'Intérieur et les organisateurs.
La stratégie de l'exécutif
Dimanche, Emmanuel Macron avait promis des sanctions sévères pour les auteurs de violences et chargé Sébastien Lecornu de réunir l'ensemble des acteurs politiques et sociaux pour répondre aux revendications. Le gouvernement mène ainsi deux fronts de front : maintien de l'ordre à court terme et ouverture d'un dialogue à moyen terme.
Reste à savoir si le calme constaté se confirmera, et si les couvre-feux, mesure d'exception rare dans l'Hexagone, resteront un outil temporaire. Les prochains jours diront si la situation s'apaise ou si de nouveaux incidents conduisent à durcir ou à étendre ces dispositifs.
