Un audit des effectifs de la Police nationale congolaise (PNC), publié le jeudi 9 juillet, met en évidence d'importantes irrégularités dans la gestion du personnel. Selon les conclusions du rapport, près de 64 000 agents sur un effectif total de 157 800 sont considérés comme « non actifs » ou « fictifs ».
L'enquête révèle que ces emplois présumés fictifs représenteraient une lourde charge pour les finances publiques. Les pertes pour l'État congolais sont estimées entre 87 millions et 204 millions d'euros par an, en raison du versement de salaires à des agents qui ne seraient pas effectivement en service ou dont l'existence n'a pu être vérifiée.
Cet audit s'inscrit dans les efforts entrepris par les autorités pour assainir la gestion des effectifs de la fonction publique et renforcer la transparence dans les dépenses de l'État. Les résultats mettent en lumière la nécessité de poursuivre les opérations de contrôle et de fiabilisation des fichiers administratifs.
La présence d'agents fictifs constitue un défi majeur pour les finances publiques, mais aussi pour l'efficacité des services de sécurité. En réduisant les irrégularités, le gouvernement espère mieux orienter les ressources vers les policiers effectivement déployés sur le terrain et améliorer les conditions de travail des forces de l'ordre.
Les recommandations issues de l'audit devraient servir de base à de nouvelles mesures administratives, notamment la mise à jour du fichier des effectifs, le renforcement des mécanismes de contrôle et d'identification des agents, ainsi que la lutte contre les fraudes salariales.
Cette révélation relance le débat sur la gouvernance des institutions publiques en RDC. Les observateurs estiment que la mise en œuvre effective des recommandations sera déterminante pour restaurer la confiance dans la gestion des finances publiques et renforcer l'efficacité de la Police nationale.
