C'est un verdict lourd dans un pays qui n'exécute plus. Jeudi 15 octobre, la cour d'assises de Moroni a condamné à la peine capitale Fahami Moustoifa, principal accusé dans l'assassinat de Naicha Mmadi Abdou, une jeune femme de 22 ans, tuée en mai dans des conditions atroces. Une sentence qui relance, aux Comores, le débat sur la peine de mort.
Trois accusés, trois verdicts
Le procès s'est conclu par des décisions très différentes pour les trois hommes poursuivis. Son coaccusé, Athoumane Abdouroihamane, a écopé de 25 ans de réclusion criminelle. Elamine Moumine, jugé pour complicité passive, a été acquitté.
Le parquet général avait requis la peine de mort contre les deux premiers accusés et la réclusion criminelle à perpétuité contre le troisième. Il a fait appel de la peine de 25 ans et de l'acquittement.
Une peine toujours prononcée, jamais appliquée
Si la justice comorienne continue de condamner à mort, aucune exécution n'a eu lieu depuis 1997, selon les données internationales. Le pays observe de fait un moratoire. La peine capitale, qui reste inscrite dans le droit, a été maintenue pour certaines formes de meurtre lors de l'adoption du nouveau Code pénal en 2014.
À la mi-2025, la presse locale recensait 14 personnes dans le couloir de la mort, dont 13 à Moroni et une à Anjouan. Une tentative d'abolition a échoué à l'Assemblée nationale en 2022. Les autorités estiment que le maintien de la peine capitale est cohérent avec le droit interne et la tradition d'un pays musulman. Elles disent n'envisager aucune réforme malgré les critiques internationales.
Un débat récurrent
À chaque crime d'une particulière gravité, la question refait surface, sans jamais déboucher sur un changement de loi. Pour les défenseurs de l'abolition, la peine de mort ne traite pas les causes profondes de la violence. D'autres y voient la réponse attendue face à des crimes qui bouleversent l'opinion.
Le verdict de Moroni n'est pas définitif. Les appels du parquet et la suite de la procédure diront ce qu'il adviendra des trois hommes.
