La course à la succession d'Antonio Guterres perd l'un de ses candidats africains. Samedi 17 octobre, au lendemain d'un premier vote informel au Conseil de sécurité, l'ancien président sénégalais Macky Sall a annoncé retirer sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.
Un vote qui a scellé son sort
Selon les médias africains, l'ancien chef de l'État a essuyé des votes défavorables de la part de trois des cinq membres permanents du Conseil de sécurité lors du scrutin indicatif organisé vendredi à New York. Un résultat qui réduisait fortement ses chances d'emporter la fonction suprême de l'organisation.
Dans une déclaration publiée sur ses réseaux sociaux, Macky Sall explique avoir pris sa décision après des consultations avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine et parrain de sa candidature, et avec le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui dirige actuellement la CEDEAO. Il dit espérer contribuer à l'émergence d'une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité.
Un message pour l'Amérique latine
L'ancien président interprète aussi les résultats des votes tests comme un signal. Selon lui, ils indiquent une préférence pour un candidat originaire d'Amérique latine et des Caraïbes, et éventuellement une femme. Il se dit toutefois toujours attaché aux idéaux qui ont inspiré sa démarche : la paix, la sécurité, le développement et le dialogue entre les nations. Il a souhaité plein succès à la personne qui dirigera l'ONU.
Une candidature atypique dès le départ
Cette candidature avait suscité des débats dès son lancement. Elle n'avait pas été présentée par le Sénégal, mais par le Burundi, au nom de l'Union africaine, une démarche inhabituelle. Le gouvernement sénégalais avait expliqué ne pas avoir été associé à cette initiative et n'avait formulé aucun soutien officiel.
Au Sénégal, la classe politique restait divisée. Une coalition de partis d'opposition avait demandé au président Faye de soutenir son prédécesseur, tandis que d'autres élus l'accusaient d'avoir une responsabilité dans les violences et dans l'affaire de la dette cachée.
Une succession sans favori
Pour l'ONU, la question reste entière : à l'issue de ce premier vote, aucun candidat ne s'est dégagé nettement. Le mandat d'Antonio Guterres s'achève fin 2026, et le Conseil de sécurité doit désormais trouver un nom consensuel avant de recommander son choix à l'Assemblée générale.
