C'est une promesse qui répond à une question que beaucoup d'Égyptiens se posent à bas bruit. Samedi 17 octobre, le président Abdel Fattah al-Sissi a assuré que son mandat prendrait fin en 2030 et que la Constitution ne serait pas modifiée pour le prolonger, rapporte le quotidien officiel Al-Ahram.
« Une question définitivement réglée »
Le chef de l'État s'exprimait lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'Académie militaire égyptienne, dans la nouvelle capitale administrative, à l'est du Caire. « L'année 2030 marquera la fin de mon mandat présidentiel. Cette question est définitivement réglée », a-t-il déclaré. Il a ajouté que la Constitution ne serait pas modifiée, insistant sur la nécessité de préserver les principes constitutionnels et démocratiques.
Selon plusieurs médias, il a nuancé son propos d'une formule : son mandat s'achèvera en 2030, « si je suis encore en vie ».
Un mandat issu de la réforme de 2019
L'échéance de 2030 n'a rien d'anodin. Arrivé au pouvoir en 2013, après avoir mené, comme ministre de la Défense, la destitution du président Mohamed Morsi, Abdel Fattah al-Sissi dirige le pays depuis 2014. Des amendements adoptés par référendum en 2019 ont fait passer la durée du mandat présidentiel de quatre à six ans et lui ont ouvert la voie à un troisième mandat, qui court jusqu'en 2030. Il a été réélu en décembre 2023.
Ces changements avaient été vivement critiqués par des opposants et des défenseurs des droits humains, qui y voyaient un renforcement du pouvoir présidentiel. Son engagement de ne pas toucher à la Constitution est donc scruté de près.
Préparer la relève
Le président de 71 ans a profité de la cérémonie pour détailler sa vision de la transition. Il a affirmé qu'il ne quitterait pas l'État avant qu'il compte suffisamment de cadres capables d'assumer la responsabilité. L'Académie militaire sera chargée de former une nouvelle génération de dirigeants, selon un programme de 30 mois. Les futurs responsables seront choisis, a-t-il promis, de manière équitable et impartiale, parmi des personnes âgées de 40 à 50 ans.
L'ancien ministre des Affaires étrangères Amr Moussa a salué cet engagement de ne pas modifier la Constitution.
Une annonce à l'épreuve du temps
Reste que 2030 est encore loin, et que le projet de relève, confié à une institution militaire, nourrit déjà les interrogations sur les modalités d'une éventuelle succession.
