L’Iran est aujourd’hui considéré comme l’un des pays qui forment le plus d’ingénieurs et de diplômés scientifiques au monde. Chaque année, des centaines de milliers d’étudiants sortent des universités iraniennes avec des diplômes en science, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM). Ce phénomène surprend souvent, car il contraste avec l’image d’un pays isolé sur la scène internationale.
Selon plusieurs études internationales, l’Iran figure parmi les dix pays qui produisent le plus de diplômés scientifiques. En 2020, le pays comptait environ 211 000 diplômés dans les domaines STEM, un chiffre comparable à celui de pays européens comme la France ou l’Allemagne.
Une stratégie nationale axée sur la science
L’une des principales raisons de cette performance est la priorité accordée à l’éducation scientifique par les autorités iraniennes depuis plusieurs décennies. Après la révolution de 1979 et surtout après la guerre Iran-Irak (1980-1988), le gouvernement a décidé de renforcer les universités et la recherche pour développer l’autonomie technologique du pays.
L’objectif était clair : réduire la dépendance aux technologies étrangères et développer des compétences nationales dans des secteurs clés comme l’ingénierie, l’énergie, l’informatique ou la médecine. Cette stratégie a conduit à une expansion rapide du système universitaire et à une forte augmentation du nombre d’étudiants.
Aujourd’hui, près de 40 % des étudiants universitaires en Iran suivent des études d’ingénierie ou de sciences, une proportion très élevée à l’échelle mondiale.
Un système universitaire en forte expansion
Au cours des deux dernières décennies, le nombre d’étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur iranien a fortement augmenté. Les universités publiques et privées se sont multipliées, permettant à davantage de jeunes d’accéder aux études supérieures.
Cette expansion a également stimulé la production scientifique. L’Iran est aujourd’hui l’un des pays où la croissance du nombre de publications scientifiques est la plus rapide, notamment dans des domaines comme la nanotechnologie, la chimie ou l’ingénierie.
Les sanctions ont renforcé la logique d’autonomie
Les sanctions économiques internationales ont aussi joué un rôle paradoxal. L’accès limité aux technologies occidentales a poussé l’Iran à investir davantage dans la formation scientifique et technique afin de développer ses propres capacités industrielles.
Dans plusieurs secteurs stratégiques énergie, défense, spatial ou nucléaire le pays a ainsi misé sur la formation d’ingénieurs pour compenser son isolement technologique.
Une culture sociale valorisant les études scientifiques
La société iranienne accorde également une grande importance à l’éducation. Les professions d’ingénieur, de médecin ou de scientifique sont particulièrement valorisées. Le concours national d’entrée à l’université, très compétitif, pousse les étudiants à privilégier les filières scientifiques.
Ce phénomène explique pourquoi l’Iran forme chaque année un très grand nombre d’ingénieurs, parfois comparable à celui de grandes puissances scientifiques. Dans certains cas, le nombre d’étudiants en ingénierie peut être proche de celui des États-Unis, malgré une population beaucoup plus petite.
Un paradoxe : beaucoup de diplômés mais peu d’emplois
Cependant, cette réussite éducative s’accompagne de défis. L’économie iranienne, affaiblie par les sanctions et la stagnation économique, ne parvient pas toujours à absorber tous ces diplômés.
De nombreux ingénieurs et scientifiques choisissent donc de travailler à l’étranger, ce qui alimente un phénomène de « fuite des cerveaux ». Malgré cela, la formation scientifique reste l’un des principaux atouts du pays.
Une puissance scientifique émergente
En résumé, l’Iran est devenu un acteur majeur de la formation scientifique grâce à une politique éducative volontariste, une forte valorisation sociale des études scientifiques et un contexte géopolitique qui pousse le pays à développer ses propres technologies.
Cette stratégie a permis à la République islamique de se positionner comme l’un des principaux producteurs d’ingénieurs et de diplômés scientifiques dans le monde, malgré un environnement économique et politique souvent difficile.
