Une épidémie qui s’installe dans la durée
La courbe ne redescend pas. Au premier trimestre 2026, la province du Sud-Kivu fait face à une nouvelle poussée de choléra, avec plus de 4 600 cas enregistrés et 67 décès, selon les autorités sanitaires locales. Une situation qui ravive les inquiétudes dans cette région de l’est de la RDC, régulièrement confrontée à des flambées de cette maladie hydrique.
Au-delà des chiffres, c’est la persistance de l’épidémie qui interpelle. Le choléra, pourtant évitable et traitable, continue de circuler activement dans plusieurs zones de santé, notamment celles situées le long du lac Kivu et dans les zones à forte densité de population.
Des facteurs structurels toujours présents
L’insuffisance d’accès à l’eau potable, les conditions d’assainissement précaires et les déplacements de populations liés à l’insécurité figurent parmi les principaux facteurs aggravants. Dans plusieurs localités, les habitants dépendent encore de sources d’eau non sécurisées, favorisant la propagation du vibrion cholérique.
Les autorités sanitaires pointent également le manque d’infrastructures adaptées et les difficultés logistiques pour intervenir rapidement dans certaines zones enclavées.
Une réponse sanitaire sous pression
Face à cette situation, les équipes médicales tentent de contenir la propagation à travers la prise en charge gratuite des malades dans des centres de traitement du choléra, ainsi que des campagnes de sensibilisation.
Des partenaires internationaux, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres ONG humanitaires, appuient la riposte en fournissant du matériel médical, des solutions de réhydratation et un soutien logistique.
Mais sur le terrain, les moyens restent limités face à l’ampleur des besoins.
Un défi récurrent pour la région
Le choléra n’en est pas à sa première apparition dans le Sud-Kivu. Chaque année ou presque, des épisodes épidémiques rappellent la fragilité du système de santé et le retard accumulé en matière d’accès à l’eau potable et d’assainissement.
Pour les experts, la réponse ne peut être uniquement d’urgence. Elle doit s’inscrire dans une stratégie durable, incluant des investissements dans les infrastructures de base et une meilleure coordination entre les acteurs locaux et internationaux.
Entre urgence et prévention
Si la prise en charge permet aujourd’hui de sauver de nombreuses vies, la prévention reste le principal levier pour endiguer durablement la maladie. Lavage des mains, traitement de l’eau et amélioration des conditions d’hygiène sont régulièrement rappelés aux populations.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et humanitaires, la lutte contre le choléra au Sud-Kivu apparaît une nouvelle fois comme un test pour la capacité de réponse du système sanitaire congolais — entre gestion de crise et nécessité de réformes profondes
