La Banque mondiale tire la sonnette d’alarme sur la structure de la dette publique en Afrique. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques du continent, l’institution estime que près de 70 % de la hausse récente de l’endettement des pays africains est directement liée à la dépréciation de leurs monnaies face au dollar américain et à l’euro.
Cette situation s’explique par le fait que la majorité des emprunts souverains contractés par les États africains sont libellés en devises étrangères. Ainsi, lorsque les monnaies locales perdent de la valeur, le poids de la dette exprimée en dollars ou en euros augmente mécaniquement, alourdissant les charges de remboursement.
Plusieurs pays comme le Ghana, le Nigeria, l’Égypte ou encore la Zambie en subissent déjà les conséquences, confrontés à une hausse des taux d’intérêt et à une inflation importée. Selon la Banque africaine de développement (BAD), la dette publique moyenne du continent atteint désormais 67 % du PIB, contre 51 % en 2019, un niveau jugé préoccupant par les experts.
Les analystes soulignent également le rôle de la hausse des prix mondiaux de l’énergie et des produits alimentaires, qui a contraint plusieurs gouvernements à recourir davantage à l’endettement pour soutenir les subventions et les importations essentielles.
Pour la Banque mondiale, un rééquilibrage des finances publiques passe par le renforcement des recettes fiscales, la promotion de la transparence budgétaire et une plus grande utilisation des marchés financiers régionaux afin de limiter la dépendance vis-à-vis des devises étrangères.
Cette analyse relance le débat sur la nécessité d’une réforme du système monétaire africain et d’un allègement ciblé de la dette, notamment pour les pays les plus vulnérables à la volatilité des changes.
