Le président syrien Ahmed Al-Charaa a été reçu à Washington par le président américain Donald Trump, marquant une étape symbolique dans le rapprochement entre la Syrie et les États-Unis. Ce déplacement inédit illustre la volonté du dirigeant syrien de rompre avec l’isolement diplomatique de son pays et d’affirmer un virage politique majeur.
Ancien djihadiste repenti, Ahmed Al-Charaa avait été détenu par les forces américaines en Irak dans les années 2000 avant d’émerger comme une figure de la réconciliation nationale à Damas. Sa trajectoire, marquée par une rupture nette avec les mouvances radicales, nourrit à la fois la méfiance et la curiosité sur la scène internationale.
Lors de sa visite officielle, il a plaidé pour la levée définitive des sanctions économiques qui frappent la Syrie depuis plus d’une décennie. Devant des parlementaires au Congrès, il a défendu une coopération « fondée sur la stabilité régionale et la lutte contre l’extrémisme ». À la Maison-Blanche, Donald Trump a salué un « tournant historique » et affirmé que « la Syrie mérite une seconde chance sur la scène internationale ».
Dans un entretien accordé à Fox News, le président syrien a réaffirmé son engagement à poursuivre les réformes internes et à restaurer les liens économiques avec les pays occidentaux. Il a notamment évoqué la reconstruction de la Syrie comme « une opportunité d’investissement et de paix durable ».
Ce rapprochement reste toutefois observé avec prudence par plusieurs capitales européennes et arabes, qui doutent encore de la sincérité de la mutation politique du régime syrien. Néanmoins, pour Washington, cette rencontre ouvre une brèche diplomatique dans une région longtemps marquée par la méfiance et les tensions.
