Berlin revoit sa politique d’accueil envers les Ukrainiens
Le chancelier allemand Friedrich Merz a annoncé, jeudi, un tournant significatif dans la politique allemande à l’égard des réfugiés venus d’Ukraine. Il a affirmé avoir demandé au président Volodymyr Zelensky que « les jeunes hommes ukrainiens ne viennent pas en grand nombre en Allemagne », estimant que leur présence est « nécessaire » pour la défense de leur pays face à la Russie.
Vers un accès restreint aux aides sociales
Dans cette nouvelle approche, Berlin a décidé que les réfugiés ukrainiens ne seront plus éligibles au revenu citoyen, l’allocation sociale de référence pour les personnes sans emploi. Ils relèveront désormais du régime prévu par la loi sur les prestations d’asile, un cadre moins généreux et plus restrictif. Cette mesure vise, selon le gouvernement, à harmoniser les droits avec ceux des autres demandeurs d’asile et à réduire les incitations à l’exil massif.
Crainte d’un nouvel afflux après l’assouplissement de la loi martiale
La décision intervient alors que Kiev a récemment assoupli sa loi martiale, levant certaines contraintes pesant sur les jeunes hommes en âge de combattre. Cette évolution pourrait encourager davantage de départs vers l’Union européenne, notamment vers l’Allemagne, qui a déjà accueilli plus d’un million de réfugiés ukrainiens depuis 2022, principalement des femmes et des enfants.
Entre pression migratoire et impératifs géopolitiques
Pour Berlin, cette nouvelle ligne se veut à la fois un message de fermeté et un appel à la responsabilité nationale. Le gouvernement craint de voir se fragiliser les capacités militaires ukrainiennes si trop de jeunes hommes cherchent refuge en Europe. Parallèlement, l’Allemagne fait face à une pression politique interne croissante sur les questions migratoires, marquée par des appels à un durcissement des politiques d’accueil.
Réactions attendues à Kiev et au sein de l’UE
La sortie du chancelier pourrait raviver les tensions diplomatiques entre Kiev et certaines capitales européennes, alors que l’Ukraine peine à mobiliser suffisamment de troupes. Au sein de l’Union européenne, ce changement allemand pourrait également relancer le débat sur l’harmonisation des statuts et des aides accordées aux réfugiés ukrainiens, un dossier devenu particulièrement sensible à l’approche des échéances électorales dans plusieurs pays membres.
