La question de la polygamie en France est revenue au centre du débat public après des déclarations d’Alain Juillet, ancien haut responsable du renseignement français, dans un entretien récent. Il y interroge la cohérence entre l’interdiction légale de la polygamie et certaines situations observées chez des migrants vivant avec plusieurs épouses sur le territoire français, tout en bénéficiant de dispositifs sociaux.
En droit français, la polygamie est strictement interdite. Le Code civil impose la monogamie comme condition essentielle du mariage, et le Code pénal sanctionne le fait d’être marié à plusieurs personnes simultanément. Depuis les années 1990, cette interdiction a également été intégrée au droit des étrangers, notamment pour l’octroi de titres de séjour et le regroupement familial.
Cependant, dans la pratique, certaines situations héritées de mariages contractés à l’étranger, dans des pays où la polygamie est légale, posent des difficultés administratives et sociales. Les autorités françaises reconnaissent parfois l’existence de ces unions pour des raisons humanitaires ou de protection des droits des enfants, sans pour autant reconnaître juridiquement la polygamie elle-même.
Les aides sociales constituent un point de tension majeur. Officiellement, les prestations sont attribuées individuellement, sur la base de la résidence et de la situation familiale déclarée. Les pouvoirs publics affirment que le système social français ne finance pas la polygamie, mais des critiques persistent sur des contournements ou des effets indirects, notamment en matière de logement ou d’allocations familiales.
Ce débat s’inscrit plus largement dans les discussions sur l’intégration, le respect des lois républicaines et l’égalité entre les femmes et les hommes. Les gouvernements successifs ont régulièrement réaffirmé que la lutte contre la polygamie faisait partie des principes non négociables de la République, tout en reconnaissant la complexité humaine et sociale de certaines situations migratoires.
